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Toute violation de la Constitution et de la Loi, et l’irrespect des normes conduiront au chaos prévient le PRI

Le PRI dénonce un plan machiaviélique du pouvoir Martelly-Lamothe en vue d’organiser des elections frauduleuses dans la perspective du contrôle total du parlement

Le cri du PRI:Sauvons ensemble l’indépendance et la dignité de notre Parlement !

Publié le samedi 23 février 2013

Peuple Haïtien,

Depuis la mise en vigueur de la Constitution de 1987, la Nation qui a payé le prix du sang à
la Révolution de Févier 1986 se lamente qu’aucune échéance électorale n’a jamais été respectée.
Mais cette fois, la négligence, la ruse, l’insouciance et la mauvaise foi manifestes des dirigeants
de l’Exécutif projettent sur nos impatiences légitimes les ombres d’un plan macabre et d’un
affreux chaos.

En effet, dans un passé récent, le Président Michel Joseph Martelly refusait d’admettre
l’évidente vérité que l’amputation du Sénat d’un tiers de ses membres rendait et rend encore
inapplicable l’article 192 de la Constitution amendée. Après maintes tergiversations, la
facilitation de l’Association ‘‘Religions pour la Paix’’ a permis de conclure, en décembre de
l’année écoulée, un accord entre la présidence et le parlement sur la formation de l’organe devant
réaliser les prochaines compétitions électorales. D’où, en exécution de ce protocole d’accord, la
formation d’une commission bicamérale spéciale chargée de désigner les représentants du Corps
Législatif au Collège Transitoire de Gestion du Conseil Electoral Permanent (CTG-CEP). Mais
toutes les informations disponibles nous autorisent à affirmer que le Président Martelly ne mettra
vraiment le cap sur l’organisation des joutes électorales qu’après avoir constaté la caducité
du Parlement. Aussi tente-t-il de tout mettre en œuvre pour, dans un premier temps, retarder
le processus mis en branle et, dans un second temps, organiser des élections frauduleuses en
faveur de son clan ; ce qui, de toute évidence, occasionnera, comme dans le passé, un cortège de
contestations, de violences, de crises et d’instabilité. En somme, ses manœuvres politiciennes ne
pourront entraîner que l’instabilité politique et l’approfondissement de la crise haïtienne.

Quant à nous autres du Groupe PRI, comme nous l’avons déjà souligné dans la lettre
ouverte adressée récemment au Sénat, nous n’avons pas cru opportun et digne de notre part
de nous faire représenter au sein de la commission bicamérale spéciale chargée de désigner
les représentants du Pouvoir Législatif au CTG-CEP. La raison de notre abstention se fonde
uniquement sur le respect d’un principe commun à tous les parlements du monde entier : Une
commission parlementaire travaille pour son assemblée à laquelle elle est tenue, au terme de sa
mission, de soumettre son rapport pour validation. Malheureusement, le Bureau de la Chambre
des Députés issu de la majorité présidentielle est resté sourd à nos appels réitérés à la raison,
préférant afficher une docilité humiliante vis-à-vis des consignes à peine voilées du Palais
National ; il a négligé ou refusé obstinément de soumettre ledit protocole d’accord à l’examen
et à la validation de la Chambre des Députés entrée en session ordinaire le 14 janvier 2013. La
conclusion est logique et patente : l’Assemblée des Députés ignore totalement le contenu de cet
accord et tout ce qu’il implique d’obligations pour le Pouvoir Législatif pour la simple raison
qu’il n’a jamais été lu ni débattu en séance plénière.

Le Groupe PRI, respectueux des principes – qui conditionnent d’ailleurs le progrès de
toute société et font la grandeur des Nations – ne pouvait pas s’associer à l’immolation de la
souveraineté de l’Assemblée sur l’autel de l’infamie et du ridicule, ni cautionner l’holocauste
des normes républicaines et démocratiques. Dans le cas contraire, il aurait été incohérent ; il
aurait failli à sa mission cardinale d’œuvrer au renforcement des institutions nationales ; il aurait
contribué à l’écroulement de l’Etat. ‘‘Chimen bouton se chimen maleng’’, enseigne un vieux
proverbe. La violation de la Constitution et de la Loi, et l’irrespect des normes ne conduisent
qu’au chaos. L’Histoire universelle est là pour le démontrer. Par exemple, la décadence et la
chute de l’empire romain tombé aux mains destructrices des Barbares en l’an 410 après J.-
C n’ont été que la résultante d’une accumulation de petites démissions, de petits reculs et de
petites lâchetés, mais dont la somme a engendré des situations irréparables. Les Romains ne
cesseront de regretter d’avoir accepté que Caligula, par décret impérial, fît nommer Consul son
cheval qu’il aimait beaucoup. Le Groupe PRI ne regrettera jamais, advienne que pourra, d’avoir
dénoncé et combattu les absurdités et les violations des principes.

Nous vous renouvelons, Peuple haïtien, notre volonté inébranlable d’honorer contre vents
et marées le mandat que vous nous avez confié. Nous sommes prêts à tout sacrifier pour la
sauvegarde des principes républicains et démocratiques, pour la défense de la Patrie commune
et immortelle. Nous remettons notre position de principe au jugement de l’Histoire, cet avocat
impartial de l’Éternité.

En tout cas, nous formulons le vœu que l’équipage parlementaire, devenu lourd et ivre dans
la nasse d’accointances inappropriées, puisse retrouver la lucidité et l’harmonie interne, afin
d’éviter que le frêle voilier à rames qui le transporte ne se fracasse sur les récifs de l’inconstance
ou ne sombre dans les gouffres creusés par la malice et la duplicité de faux alliés. Le ciel est
menaçant, tout le monde le voit ; l’océan est tumultueux des contradictions déroutantes et des
intérêts mesquins, tout le monde le constate.

Sauvons ensemble l’indépendance et la dignité de notre Parlement !

Que Dieu bénisse Haïti !

Pour le Groupe PRI :

Député Sadrac Dieudonné, Av.

Président

Député Joseph Wilbert Deshommes

Secrétaire-administrateur